Quel bonheur de voir des champions olympiques de toutes disciplines s'enthousiasmer pour un contrôle réussi, une passe assurée ou un but envisagé ! Dans une ambiance carioca qui ne baissa jamais tout au long de cette journée du 10 juin, la quarantaine de sportifs qui avait répondu à l'appel de Jimmy Algérino et Raï ont donné à ce match de gala des allures de samba conviviale. Pelous, Elissalde, Congré, Alex, Estanguet, Batlles, Audard, Kempé ou Bravo, Despeyroux et tous les autres, sans distinction de sport, ont ravi les 4500 spectateurs qui, eux aussi, s'étaient sentis solidaires de la cause Gol de Letra.

(par Edson Arantes do Nascimento)

A la une !
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Deux mots d'abord sur les deux têtes d'affiche les plus motivées de la soirée, Jean-Baptiste Elissalde et Christophe Kempé, deux internationaux qui nous avaient avoué attendre ce rendez-vous avec impatience. Le rugbyman du Stade s'est trompé. Alors qu'il envisageait le pire pour Fabien Pelous avec un ballon dans les pieds, on eut droit au meilleur du recordman des sélections en équipe de France. Des tacles précis (et correct !), un placement (défenseur central en duo avec Daniel Congré) toujours approprié, et un pourcentage de duels gagnés important, Pelous a fait le métier avant de sortir... sous vos applaudissements à l'heure de jeu pour recevoir l'hommage émouvant de Raï qui avait tenu à lui offrir son maillot de Sao Paulo. Si Pelous est resté dans son rôle en défendant bien, Elissalde, lui, a démontré de réelles capacités dans l'utilisation du ballon.
De l'ouverture, ou de la mêlée, au poste de meneur de jeu, il n'y a qu'un pas que l'enfant de La Rochelle pourrait à nos yeux franchir quand il veut pour évoluer au moins en DH. Pour l'après rugby peut-être... Christophe Kempé, le plus beau palmarès de la soirée (champion d'Europe, du monde et Olympique), a démontré du haut de son double mètre d'autres qualités dans la percussion notamment sur un côté droit qu'il n'a cessé d'occuper à la recherche de la passe décisive... de Raï. Pour quelques centimètres, la reprise de volée du pivot du Toulouse Handball manqua le cadre. "C'eut été trop beau !" dira-t-il à chaud, lui qui se pinçait toutes les trente secondes pour bien réaliser qu'il était en train de jouer au football dans la même équipe que son idole de jeunesse ! Avec les footeux encore en activité Batlles (quel but du centre sur le coup d'envoi de la seconde période !), Seube, Congré et Audard ou Alex (qui souhaite revenir jouer en France, probablement vers Istres en Ligue 2), c'est l'entraîneur de l'OT XIII, le Commingeois Gilles Dumas, qui se distingua en réalisant un doublé, c'est aussi Bancarel qui y alla de deux bicyclettes dont il a visiblement encore la recette. Plus à l'aise sur l'eau, les kayakistes Tony Estanguet et Emilie Fer furent aussi discrets que leur pote médaillé de bronze à Pékin, Benjamin Boukpeti. Plus à l'aise malgré des mensurations hors norme (et des crampons de taille 51 !), les deux volleyeurs des Spacers, Vincent Duhagon et Gaël Vandaele, étonnèrent par leur mobilité et leur capacité à faire vivre le ballon autrement qu'au dessus d'un filet. Une pensée nous traverse alors : Dominique Casagrande aurait peut-être fait un bon volleyeur...
Le maillot de Sagnol est parti à 800 euros
 
On apprécia la puissance de Nyanga, de Lamboley ou d'Omar Hasan, l'élégance intacte de Bravo, le Cugnalais, l'abattage de Despeyroux ou le toucher de balle de Rizzetto et Debève, celui de Delpech. Quant à Jimmy Algérino, on a longtemps cherché quel sport avait bien pu être le sien avant de prendre en main l'organisation d'une belle manifestation qui se termina dans les coulisses du stade pour le repas des 430 partenaires et la vente aux enchères des maillots des stars. Stars qui, à défaut d'avoir pu se libérer (Socrates était retenu au Brésil pour des problèmes personnels et Leonardo en Italie pour passer précipitamment ses diplômes d'entraîneur) avaient offert leurs meilleures reliques pour des enchères qui grimpèrent jusqu'à 800 euros pour le maillot authentique porté par Willy Sagnol en demi-finale de la Coupe du monde face au Portugal (1-0)et tombèrent jusqu'à 150 pour celui de l'OM porté par Djibril Cissé. Il était 2h du matin quand Raï prit la parole pour remercier tout le monde. Lui aussi avait mouillé la chemise en signant plusieurs milliers d'autographes et en posant pour des centaines de photos. Et toujours avec la même apparente placidité, la même gentillesse. On le sentait sincère quand il remercia tous ceux qui avaient fait en sorte que cette journée du 10 juin ne soit que le début d'une nouvelle vie pour des centaines d'enfants brésiliens en attente de meilleures conditions d'apprentissage. Des écoles et des bibliothèques ont été plantées à Toulouse qui pousseront bientôt à Sao Paulo et à Rio de Janeiro. Rassurés, tous les membres de Rêves sans frontière, l'association créée pour l'occasion, pouvaient reprendre une vie normale !
LA FEUILLE DE MATCH

Gol de Letra - Rêves sans frontière 5-3

4500 spectateurs (malheureusement pas tous payants, l'entrée n'était pourtant que de 5 euros !)

Arbitres : M. Laforge assisté de MM. Hébrard et Larhant.
Buts : Alex (1ère), Dumas (39ème et 90ème), Plantin (65ème) et Raï (86ème) pour Gol de Letra. Batlles (46ème), Decima (48ème) et Marfaing (89ème) pour Rêves sans frontière.
Avertissement : verbal à Casagrande (pour contestation !)


Gol de Letra
Joueurs : Casagrande - Estanguet, Congré, Pelous, Lamboley - Bravo, Raï, Elissalde, Marfaing - Alex, Kempé.
Entr. : Garbajosa.
Sont entrés en jeu :
Nyanga, Plantin, Despeyroux, Saïdi, Merz, Emilie Fer, Boukpetit, Dumas, Mitchell, Teli Pelo.


Rêves sans frontière

Joueurs : Audard - Algérino, Duhagon, Seube, Tihy - Rizzetto, Debève, Rancoule, Batlles - Bancarel, Delpech.
Entr. :
Audard S.
Sont entrés en jeu :
Omar Hasan, Paillard, Lacroix, Jean, Virgine Dessalle, Decima, Farné, Designe, Larrieu, Martin, Fantini.
Raï ému au moment de remercier tous les Toulousains présents au Wallon.
Justo Fontaine n'est pas venu les mains vides. Le maillot de Juninho a fait des heureux.
Nicolas Seube et Laurent Batlles en grande discussion avec Alain Aïgoun, le nouveau coach de St-Jean. Du transfert dans l'air ?
Les danseuses brésiliennes ont fait frémir les 430 partenaires qui avaient réservé des places pour le repas d'après-match.
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